L’alpha-1 antitrypsine en quelques mots

Physiopathologie

L’alpha-1 antitrypsine est une protéine sécrétée par les hépatocytes. Sa principale fonction est d’inhiber l’élastase libérée par les polynucléaires neutrophiles, particulièrement lors d’épisodes inflammatoires ou infectieux. Chez le sujet sain, le poumon est protégé de l’action de l’élastase des polynucléaires neutrophiles par la présence en quantité importante d’alpha-1 antitrypsine dont la concentration sérique est comprise entre 0,9 et 2 g/l.

Chez les sujets présentant un déficit en alpha-1 antitrypsine (concentration sérique < 0,8 g/l), le déséquilibre entre les concentrations locales d’élastase et d’alpha-1 antitrypsine aboutit à la dégradation de la structure pulmonaire et au développement d’un emphysème.

La concentration plasmatique de l’alpha-1 antitrypsine est déterminée par les 2 allèles du gène codant pour la protéine. À ce jour, plus de 100 variants du gène de l’alpha-1 antitrypsine ont été identifiés, certains responsables de la production d’une A1AT dont la fonction et/ou la quantité sont altérées. La classification actuellement utilisée tient compte de la vitesse de migration de la protéine en électrophorèse par focalisation isoéléctrique. Les variants de l’alpha-1 antitrypsine peuvent être classés en 3 catégories :

 

 

  • 1- Normaux : caractérisés par des concentrations sériques d’alpha-1 antitrypsine normales (0.9 à 2 g/l)
  • 2- Déficitaires : concentrations d’alpha-1 antitrypsine < 0.8 g/l. Les variants les plus connus sont : Z, S, Mmalton etc..
  • 3- Nul : pas d’alpha-1 antitrypsine détectée dans le sang

Certaines mutations, (Z notamment) modifient la structure tridimensionnelle de la molécule d’alpha-1 antitrypsine, aboutissant à sa polymérisation dans le réticulum endoplasmique de l’hépatocyte, et à sa dégradation. Une dégradation anormale de cette protéine serait responsable des anomalies hépatiques rencontrées chez certains sujets. Au déficit pondéral en alpha-1 antitrypsine, s’ajoute dans la plupart des cas un déficit fonctionnel de l’alpha-1 antitrypsine circulante. La concentration sérique en alpha-1 antitrypsine est déterminée par chacun des deux allèles codant pour la protéine. Ainsi, le variant Z est associé à une concentration sérique d’alpha-1 antitrypsine d’environ 10 à 20% la valeur normale.

Un sujet Pi MZ a un allèle codant pour une protéine normale et un allèle codant pour une protéine en quantité déficitaire. Ces sujets ont généralement une concentration plasmatique en alpha-1 antitrypsine comprise entre 0,8 et 1 g/l. Un sujet PiZZ, a deux allèles codant pour une protéine déficitaire et des concentrations sériques en alpha-1 antitrypsine comprises entre 0,2 et 0,4 g/l. Il faut noter que la concentration sérique en alpha-1 antitrypsine est sujette à d’importantes variations chez un même individu. En particulier, les concentrations sériques d’alpha-1 antitrypsine sont augmentées lors des épisodes infectieux et/ou inflammatoires. En conséquence, la mesure de la concentration sérique de l’alpha-1 antitrypsine doit être effectuée à distance de ces épisodes.