Histoire naturelle des sujets déficitaires

Les manifestations cliniques du déficit en alpha-1 antitrypsine sont dominées par les atteintes pulmonaires et hépatiques, les autres manifestations (vascularite à c-ANCA, panniculite) étant beaucoup plus rares. Les risques de survenue des différentes manifestations semblent indépendants les uns des autres. En d’autres termes, chez un sujet déficitaire en alpha-1 antitrypsine, le développement d’anomalies hépatiques n’augmente pas le risque de développement d’un emphysème pulmonaire.

La maladie pulmonaire
Une proportion inconnue de sujets développe, généralement après 40 ans, un trouble ventilatoire obstructif parfois sévère. L’augmentation du risque de survenue d’un emphysème pulmonaire intervient lorsque la concentration sérique d’alpha-1 antitrypsine est inférieure à 0,8 g/l. Les facteurs de risque identifiés de développement d’un emphysème pulmonaire et de son évolutivité sont les suivants :

  • 1- Tabagisme actif
  • 2- Age
  • 3- Sexe masculin
  • 4- Existence d’épisodes de dyspnée sifflante
  • 5- Exposition professionnelle à des irritants bronchiques
Certains sujets, bien que ne présentant aucun de ces facteurs de risque, développent néanmoins un emphysème pulmonaire associé à un trouble ventilatoire obstructif sévère. Des bronchectasies sont fréquemment observées chez les sujets déficitaires en alpha-1 antitrypsine. Cependant, leur fréquence ne semble pas significativement plus importante que celle observée chez les malades BPCO non déficitaires en alpha-1 antitrypsine.

La maladie hépatique Une proportion importante de sujets présentant un déficit en A1AT développe des anomalies hépatiques, de gravité très variable, allant d’une simple élévation des transaminases sans manifestation clinique jusqu’à la cirrhose hépatique, nécessitant une transplantation hépatique dans l’enfance. La maladie hépatique est attribuée à la rétention et à la dégradation de l’alpha-1 antitrypsine modifiée dans l’hépatocyte.